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Marchés privés 2026 : la “normalisation” devient une opportunité (Europe vs US : le match).

Après deux années dominées par la hausse des taux et une liquidité en berne, 2026 marque un changement de régime : les marchés privés ne reviennent pas à l’euphorie de 2021, mais entrent dans un cycle plus sain, avec davantage de discipline sur les prix, une réouverture graduelle des fenêtres de sortie, et une prime à la qualité (actifs résilients, capables de générer de la trésorerie, et gérants dotés de fortes capacités opérationnelles)

28/1/2026
Icône de couleur bleu d'une horloge
5
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En toile de fond, Partners Group anticipe un environnement « central » autour de 2 % de croissance mondiale (moyenne 5 ans) et une inflation entre 3,5 % et 4 %, avec une baisse progressive des taux directeurs (Fed ~3 %, BCE ~1,25 % dans leur scénario central), ce qui devrait favoriser à la fois l’investissement et les sorties.[1]


 Private Equity – retour de l’activité, mais le prix ne fait plus tout

Sur la période 2020–2024, une partie significative de la performance provenait de l’augmentation des multiples de valorisation, portée par une forte pression au déploiement des capitaux levés. En 2026 et pour le cycle suivant, le moteur sera différent : acheter mieux, améliorer les entreprises, et sortir intelligemment.

https://fundsmagazine.optionfinance.fr/analyses/private-equity-et-creation-de-valeur-mythe-ou-realite.html

 Private Equity – retour de l’activité, mais le prix ne fait plus tout

Sur la période 2020–2024, une partie significative de la performance provenait de l’augmentation des multiples de valorisation, portée par une forte pression au déploiement des capitaux levés. En 2026 et pour le cycle suivant, le moteur sera différent : acheter mieux, améliorer les entreprises, et sortir intelligemment.

🇺🇸 Aux États-Unis : les prix se normalisent, l’activité repart

Côté valorisations, on observe un vrai atterrissage : le multiple moyen américain des buyouts est revenu à 12x EV/EBITDA (12 derniers mois à fin septembre 2025), contre 12,8x en 2024, plus proche des standards pré-Covid[2].

Pour un investisseur patrimonial, c’est un signal important : la performance 2026 viendra moins de la hausse des multiples et davantage de la croissance des entreprises et de leur amélioration opérationnelle.

Liquidité. Les sorties se remettent en marche, mais de manière hétérogène, et restent tirées par des transactions de très grande taille : la valeur des exits américains a reculé de 41 % au T3 vs T1 (à 126 Md$), mais s’élève tout de même à 516 Md$ YTD, déjà au-dessus du total de l’année 2024.

Deux tendances qui se confirment en 2026 :

  1. Montée en puissance des “platform LBOs”, qui permettent de consolider des marchés fragmentés, avec des volumes attendus ≥ 25 % de l’activité totale d’investissement aux États-Unis en 2026.
  2. Concentration accrue du fundraising : les nouveaux entrants souffrent et lèvent difficilement. Les first-time funds américains ne lèvent plus que 8,4 Md$ via 41 fonds en 2025, un plus-bas historique.[3].

🇪🇺 Europe : valorisation qui reste attractive avec un regain des sorties

Prix / valorisations

L’Europe reste attractive car structurellement plus « mid-market » et souvent en décote de valorisation par rapport aux États-Unis. Cette attractivité fait apparaître une tendance lourde (consensus des outlooks) : les investisseurs américains représentent 38 % de la deal value européenne sur les trois premiers trimestres 2025 (vs 31 % en 2024), une dynamique qui pourrait s’accentuer en 2026.[4]

Les exits européens repartent : la valeur des sorties a bondi à 98 Md€ au T3 2025 (+80 % par rapport au trimestre précédent), et le nombre de deals progresse de 23 %.[5]

Quant au marché des IPO, il redémarre mais de façon plus sélective : PitchBook recense 181 IPOs en 2024 contre 115 seulement en 2025 à date, mais avec une qualité nettement supérieure. Les IPOs profitables représentent environ 90 % YTD, contre 66,4 % en 2024.

Une tendance à retenir : le stock d’entreprises soutenues par le private equity dépasse largement l’univers coté. Le ratio des sociétés financées par des fonds de private equity sur les sociétés cotées atteindrait 2,3x (un record).[6]

C’est un argument patrimonial puissant : une part croissante de la croissance est privée, donc l’allocation « actions » classique ne couvre plus l’ensemble de l’économie.

Private Debt – rendement attractif à condition d’être exigeant

🇺🇸  États-Unis : compression des spreads, concurrence des marchés liquides

L’activité du direct lending reste soutenue, mais Cambridge Associates alerte : la concurrence, poussée par la montée en puissance des syndicated loans et des véhicules retail, pèse sur les marges. Les rendements futurs dépendront davantage de la sélectivité.

Nous recommandons de privilégier des poches moins corrélées, comme l’asset-based finance, ou certains segments spécialisés du crédit, pour retrouver de la diversification et un profil plus résilient.

Un point patrimonial majeur concerne les véhicules semi-liquides, qui se développent rapidement et contribuent à la pression sur les marges. Cambridge chiffre à ~350 Md$ les encours fin 2024, soit +60 % en deux ans.

🇪🇺 Europe : relatif avantage en spreads et protection

La valeur relative de la dette privée est meilleure en Europe : spreads plus larges, levier plus faible, et protections créanciers plus fortes.

Le marché anticipe une bifurcation : le large-cap direct lending pourrait décevoir, sous l’effet d’une compression des marges, tandis que le mid-market sélectif resterait mieux rémunéré et plus résilient[7].  

Liquidité. HarbourVest met en avant une tendance structurelle : la liquidité est de plus en plus assurée par les marchés secondaires. Le premier semestre 2025 affiche un record de 103 Md$, soit +51 % entre 2024 et 2025, avec une projection à plus de 210 Md$ sur l’année.

Risque 2026 : Il faut bien distinguer “rendement élevé” et “mauvaise analyse crédit”. Cambridge rappelle que certaines faillites récentes (exemples cités : First Brands, Tricolor) illustrent l’impact d’une analyse crédit insuffisante[8].

Infrastructure : l’actif patrimonial qui profite des mégatendances profondes

En 2026, l’infrastructure continue de s’imposer dans les allocations des investisseurs de long terme.

États-Unis : Une croissance portée par des tendances fortes lié au développement de l’IA

L’IA fait basculer l’infrastructure dans une nouvelle dimension : même dans un scénario modéré, il faudrait 3,7 trillions $ d’investissements « dans les prochaines années » pour répondre à la demande en data centers[9].

Ce développement impacte également la demande d’électricité aux États-Unis, qui pourrait croître de 8 % sur 5 ans, notamment sous l’effet des data centers (environ 3x plus vite que ce qui était estimé deux ans plus tôt)[10].

Côté performance, 2025 confirme la robustesse et la résilience de la classe d’actifs : les fonds d’infrastructure privée ont généré environ 11 % d’IRR annualisé sur 5 et 10 ans[11].

Pour la clientèle privée, l’attrait est fort car très lisible pour un investisseur de long terme : un couple “rendement / protection inflation” particulièrement intéressant.

Europe : une croissance soutenue par la transition énergétique qui attire des capitaux étrangers.

L’infrastructure bénéficie de cash-flows contractuels et joue un rôle de stabilisateur de portefeuille indéniable. L’Europe, par son positionnement stratégique, sa population et le désengagement progressif de certains acteurs publics, suscite un intérêt mondial accru.

L’Europe a capté 34 % des levées mondiales de private capital en 2025 (un record), et 57 Md$ ont été levés sur des fonds d’infrastructure en Europe à fin septembre (projection > 75 Md$ sur l’année), ce qui devrait soutenir le marché dans les prochaines années.[12]

En 2026, l’Europe reste portée par les réseaux, la mobilité, l’énergie et les actifs régulés, avec des risques principalement politiques et réglementaires.

Evergreen : la promesse d’une liquidité “organisée”, pas garantie

Les structures evergreen / semi-liquides (souvent avec fenêtres de rachat) gagnent du terrain car elles répondent à une demande forte en gestion de patrimoine mais aussi auprès de certains institutionnels : accéder aux marchés privés sans immobiliser 8–12 ans son capital.

L’encours evergreen devient très importants et ont dépassé les 640 Md$ mi-2025, une croissance exponentielle.

Mais attention : “semi-liquide” ne veut pas dire “liquide comme un fonds euros”. La liquidité dépend d’un pilotage :

  • poche de cash,
  • mécanismes de gates,
  • diversification,
  • et capacité à vendre des actifs (notamment via le secondary).

Bien construits, les evergreens sont probablement un des grands formats 2026 incontournables, car ils rendent les marchés privés plus accessibles, plus réguliers, et mieux intégrables dans une allocation patrimoniale.

Conclusion : 2026, un cycle plus sain… et une confirmation stratégique pour AirFund

Chez AirFund, ces outlooks mettent en lumière la pertinence des choix que nous faisons : un focus fort sur le buyout et l’infrastructure, principalement sur le mid-market et avec une préférence marquée pour l’Europe. Dans un environnement de normalisation, ce sont précisément ces segments, plus disciplinés sur les prix, plus proches du terrain opérationnel, et souvent plus résilients, qui offrent aujourd’hui le meilleur couple potentiel de performance / maîtrise du risque.

Ces convictions, couplées à une diversification structurée (stratégies, gérants, millésimes, zones géographiques), permettent de construire des portefeuilles plus robustes, capables d’absorber les cycles tout en captant une croissance de cette classe d’actif devenue essentielle dans le financement de l’économie.

Enfin, 2026 marquera une étape importante pour AirFund avec l’arrivée de fonds evergreen : une nouvelle manière d’accéder aux marchés privés, plus régulière, plus lisible, et mieux adaptée aux attentes patrimoniales, tout en conservant une exigence forte sur la qualité des actifs, la gestion de la liquidité et le pilotage du risque.

[1] Partners Group - Private Market Outlook 2026

[2] HarbourVest – 2026 Market Outlook

[3] Pitchbook - 2026 US Private Equity Outlook

[4] Harbourvest – 2026 Market Outlook

[5] Harbourvest – 2026 Market Outlook

[6] Pitchbook – 2026 EMEA private capital outlook

[7] Partners Group - Private Market Outlook 2026

[8] Cambridge Associate - Finding Value Amid the Hype

[9] Harbourvest – 2026 Market Outlook

[10] Cambridge Associate - Finding Value Amid the Hype

[11] Cambridge Associate - Finding Value Amid the Hype

[12] Financial Times – Europe captures record share of private capital

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