Le marché ne s'effondre pas. Il se transforme.
- 25 mai
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Dernière mise à jour : 27 mai

Publié le 21 mai 2026 · Newsletter Private Markets Square · 6 min de lecture
Édito : Le private equity entre dans une nouvelle phase de discipline
Le private equity français fait l'objet de lectures parfois contrastées. Ralentissement des sorties, investisseurs plus prudents, collecte plus sélective : certains y voient les signes d'un marché fragilisé. Notre lecture est différente.
Le marché ne s'effondre pas. Il se transforme.
Selon les données PitchBook sur le private equity français au T1 2026, 10,9 milliards d'euros ont été investis sur 220 opérations, un volume qui s'inscrit dans la moyenne historique post-2022. Dans le même temps, la taille médiane des LBO a fortement progressé, à 100 millions d'euros, contre 40 millions d'euros en 2024, tandis que la dry powder disponible en France atteindrait 35 milliards d'euros [1].
Ces chiffres racontent moins une crise qu'un changement de régime. Les fonds investissent toujours, mais de manière plus disciplinée. Ils privilégient davantage les actifs de qualité, les plateformes existantes, les build-up et les situations où la création de valeur peut être maîtrisée.
Le private equity revient ainsi à ses fondamentaux : croissance du chiffre d'affaires, amélioration de l'EBITDA, transformation opérationnelle, digitalisation, internationalisation, build-up et qualité d'exécution.
Dans cette nouvelle phase, l'accès aux marchés privés ne suffit plus. La sélection devient centrale. C'est précisément la conviction que nous portons chez AirFund : la démocratisation durable du non coté repose sur trois piliers indissociables — l'accès, la pédagogie et la sélection.
Market Pulse — Private equity français : trois enseignements à retenir du T1 2026
Les derniers chiffres du private equity français donnent une lecture utile du marché. Loin d'un effondrement, ils montrent un marché plus discipliné, plus concentré et plus exigeant.
1. Ce n'est pas une crise, c'est une sélectivité
Avec 10,9 milliards d'euros investis sur 220 opérations au T1 2026, le marché français du private equity reste actif mais l'activité se concentre davantage sur des opérations plus importantes et mieux identifiées.
La progression de la taille médiane des LBO, qui passe de 40 millions d'euros en 2024 à 100 millions d'euros au T1 2026, illustre cette évolution. Il y a moins d'opérations, mais des opérations plus significatives. Les fonds privilégient les dossiers où ils disposent d'une forte conviction, d'un angle stratégique clair ou d'une plateforme déjà constituée.
Cette dynamique traduit une discipline accrue. Les gérants ne déploient plus simplement parce qu'ils disposent de capitaux. Ils cherchent des actifs capables de soutenir un véritable plan de création de valeur.
2. Les nouveaux millésimes peuvent bénéficier d'un meilleur point d'entrée
La remontée des taux a profondément modifié l'équilibre du marché. Pendant plusieurs années, les valorisations ont été soutenues par un environnement de financement très favorable. Ce contexte a changé.
Les vendeurs ajustent progressivement leurs attentes, les multiples se normalisent sur certains segments et les acheteurs retrouvent davantage de discipline dans leurs prix d'entrée. Pour les fonds qui déploient aujourd'hui, cette période peut donc représenter une fenêtre intéressante.
Cela ne signifie pas que tous les fonds ou tous les millésimes se valent. Au contraire. Dans un marché plus exigeant, l'avantage revient aux gérants capables de rester disciplinés, d'identifier les bons actifs et de créer de la valeur autrement que par l'effet de levier ou l'expansion des multiples.
3. La qualité des GPs n'a jamais autant compté
Le marché devient plus polarisé. Les capitaux se dirigent plus naturellement vers les gérants établis, ceux qui disposent d'un historique solide, d'équipes expérimentées, d'un sourcing différencié et de ressources opérationnelles capables d'accompagner les participations.
La performance ne dépend plus seulement de la capacité à accéder à une transaction. Elle dépend de la capacité à transformer une entreprise : croissance organique, build-up, amélioration des marges, structuration managériale, digitalisation, internationalisation, pricing.
Pour les distributeurs, cette évolution a une conséquence directe : proposer une exposition au private equity ne suffit plus. Il faut comprendre les stratégies, comparer les gérants, analyser les moteurs de performance et expliquer clairement aux clients pourquoi un fonds peut avoir sa place dans une allocation patrimoniale.
Notre conviction : Fin du private equity purement financier, retour au private equity opérationnel
Le private equity a traversé plusieurs cycles : bulle internet, crise financière de 2008, crise sanitaire, remontée brutale des taux. À chaque cycle, son modèle a été questionné. À chaque cycle, les meilleurs gérants ont su s'adapter.
Ce qui change aujourd'hui, ce n'est pas l'intérêt de la classe d'actifs. Ce sont les leviers qui permettent de créer de la performance. Pendant plus d'une décennie, une partie de la performance a été soutenue par deux moteurs puissants : des taux bas favorisant l'effet de levier et une expansion des multiples de valorisation. Ces deux moteurs sont aujourd'hui moins évidents.
La performance doit donc davantage venir de la création de valeur opérationnelle : accompagner les entreprises dans leur développement commercial, leur croissance externe, leur transformation digitale, leur expansion internationale, leur amélioration de marge ou leur structuration managériale.
C'est ici que la qualité du GP devient déterminante. Un bon gérant ne se limite pas à sélectionner une entreprise. Il doit être capable de bâtir un plan de création de valeur crédible, de le mettre en œuvre et de l'ajuster dans le temps.
Dans un marché qui se discipline, la sélection devient le premier acte de création de valeur.
Expert View : Comment analyser un fonds non coté ?
Dans les marchés cotés, un investisseur peut ajuster rapidement son exposition. Dans le non coté, l'engagement s'inscrit généralement sur un horizon long. Une erreur de sélection ne se corrige donc pas facilement.
Une grille de lecture en six dimensions structure l'analyse d'un fonds : l'équipe de gestion, la stratégie, le track record, les risques, les frais et le calendrier du fonds.
1. L'équipe de gestion — on investit dans une équipe avant une stratégie. Expérience, stabilité, historique commun et traversée de plusieurs cycles sont déterminants.
2. La stratégie — claire, lisible et cohérente dans le temps. Une méthode reproductible plutôt qu'une promesse vague.
3. Le track record — au-delà de l'IRR : performances nettes, multiples, durée de détention, régularité et dispersion entre investissements.
4. Les risques — sectoriel, géographique, de levier ou de liquidité. L'absence de discours clair est souvent un signal d'alerte.
5. Frais et alignement d'intérêts — impact direct sur la performance nette, structure du carried, investissement personnel des équipes.
6. Le calendrier du fonds — appels, distributions, durée réelle d'immobilisation : essentiels pour piloter l'allocation patrimoniale.
Chez AirFund, chaque fonds référencé fait l'objet d'un processus de sélection structuré, d'une due diligence écrite approfondie, d'échanges avec les équipes de gestion et d'une présentation en comité d'investissement. L'objectif : aller au-delà des chiffres pour comprendre réellement comment le gérant travaille, prend ses décisions et crée de la valeur dans le temps.
Inside AirFund : Mieux comprendre les fonds, plus simplement
Dans un marché plus sélectif, les professionnels du patrimoine ont besoin d'accéder rapidement aux bonnes informations : comprendre une stratégie, identifier les points clés d'un fonds, comparer les caractéristiques essentielles, repérer les risques et préparer leurs échanges avec leurs clients.
C'est précisément l'un des rôles de la plateforme AirFund : rendre l'analyse des fonds non cotés plus lisible, plus structurée et plus accessible. Les 2-pagers fonds permettent de retrouver en quelques pages les informations clés : stratégie d'investissement, raisons d'investir, allocation cible, principales caractéristiques, frais récurrents et principaux risques.
Cette approche est complétée par Ask AirFund, notre assistant d'information intégré à la plateforme : naviguer plus facilement dans la documentation, retrouver une information, clarifier un point ou préparer une question avant un échange avec son client.
Dans un marché où la sélection devient centrale, la plateforme AirFund a vocation à accompagner les CGP à chaque étape : comprendre, analyser, comparer et expliquer.
Events & Community : Retrouvez AirFund à Occur Paris les 25 et 26 juin
AirFund sera présent à la rencontre Occur Paris, les 25 et 26 juin 2026. Deux journées d'échanges avec les professionnels du patrimoine sur les grandes tendances des marchés privés, les enjeux de sélection de fonds et les solutions permettant d'intégrer le non coté de manière plus structurée dans les allocations clients.
Nous serons ravis de vous y retrouver pour poursuivre les échanges autour de la démocratisation des actifs privés, de l'éducation financière et du rôle clé des conseillers dans cette nouvelle phase de marché.
Sources & Glossaire
[1] PitchBook — Q1 2026 France Market Snapshot, publié le 28 avril 2026. Article : « France PE hits lowest activity since 2021 as caution rises ».
Glossaire : LBO (Leveraged Buy-Out) : rachat d'une société financé par effet de levier · Build-up : stratégie de croissance externe par acquisitions successives · Dry powder : capitaux levés non encore investis · GP (General Partner) : société de gestion d'un fonds · LP (Limited Partner) : investisseur dans un fonds · VCP (Value Creation Plan) : plan de création de valeur d'un fonds sur une participation.
Notes & avertissement
Informations réservées aux professionnels du patrimoine. Communication publicitaire. AirFund est Conseiller en Investissements Financiers (CIF), référencé à l'Orias n°24004281, membre de l'ANACOFI.
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Avertissement sur les risques : les investissements en Private Equity présentent des risques significatifs, notamment : risque de perte en capital (totale ou partielle), illiquidité (immobilisation des fonds sur 8 à 12 ans), absence de garantie de performance, valorisation périodique non temps réel, exposition aux cycles économiques et au risque de change. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La performance supérieure observée historiquement par rapport aux marchés cotés constitue la contrepartie de cette illiquidité et de ces risques. Cette communication s'adresse exclusivement à des professionnels et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une sollicitation, ni une offre. Avant tout investissement, se référer à la documentation réglementaire du fonds (DIC PRIIPs, prospectus).
