Data centers : l'eau et l'électricité changent la donne
Portés par l'IA et le cloud, les data centers européens comptent parmi les segments les plus dynamiques de l'infrastructure. Mais leur croissance bute désormais sur deux ressources. Décryptage à partir de l'analyse publiée par Access Capital Partners, co-gérant d'Otentiq Private Infrastructure III.

Une demande qui explose
L'intelligence artificielle, le cloud et la volonté européenne de souveraineté numérique tirent la construction de data centers. L'Europe dépend encore à plus de 80 % d'acteurs étrangers pour ses infrastructures numériques, et l'Union européenne a annoncé plus de 100 Md€ d'engagements dans le secteur. Les data centers sont en passe de devenir l'un des plus gros consommateurs d'énergie du continent.
L'électricité, le goulot d'étranglement visible
La consommation électrique des data centers européens devrait passer de 96 TWh en 2024 à 236 TWh en 2035. Dans les grands hubs, les délais de raccordement au réseau s'allongent. Les gains d'efficacité sont réels : l'indicateur PUE, qui rapporte l'énergie totale consommée à celle utilisée par les serveurs, est passé d'environ 2,0 à 1,5 en dix ans. Ils ne suffiront pas à absorber la hausse.
Et comme l'électricité représente 40 à 60 % des coûts d'exploitation, sa disponibilité et son prix sont au cœur de la rentabilité.
L'eau, la contrainte oubliée
Le refroidissement repose largement sur l'eau douce. Un site de 1 MW peut en consommer jusqu'à 25,5 millions de litres par an. D'ici les années 2050, près de 45 % des sites pourraient être exposés à un stress hydrique élevé. Pourtant, ce risque reste moins encadré et moins publié que le risque énergétique.
L'emplacement redevient décisif
Access évalue chaque site selon quatre critères locaux :
L'accès au réseau, pour un raccordement fiable, rapide et extensible.
L'énergie bas carbone, via des contrats d'achat d'électricité (PPA), de la production sur site ou du stockage.
Le prix de l'électricité, avec un coût prévisible et sécurisé sur le long terme.
L'eau et le refroidissement, en limitant la dépendance à l'eau douce et en favorisant la réutilisation.
À cela s'ajoutent trois risques locaux : le durcissement des permis de construire, l'obsolescence des sites anciens face aux besoins de l'IA, et l'opposition croissante des riverains.
Un exemple concret, sous terre en Norvège
Le dernier co-investissement d'Access est un data center souterrain en Norvège, installé dans une ancienne mine d'olivine. Pour le refroidir, pas besoin de climatisation : c'est l'eau du fjord qui s'en charge.
Ce que cela change pour les investisseurs
Le secteur entre dans une phase plus sélective. Être exposé à la tendance ne suffit plus. La valeur ira aux actifs qui ont anticipé les contraintes d'énergie et d'eau : énergie bas carbone sécurisée, refroidissement sobre, contrats long terme avec les locataires.
Les infrastructures adjacentes en profitent aussi : énergies renouvelables, réseaux, traitement et recyclage de l'eau, fibre.
Source : Access Capital Partners, « Data Centre Investment Case: Access' views on Power and Water constraints », septembre 2026. Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement en actifs non cotés comporte un risque de perte en capital et un risque d'illiquidité.
